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Le dernier week-end d’octobre, Genève a accueilli (sans le savoir ?) deux rencontres d’importance qui parlaient toutes deux des services publics.
La Convention des collectivités pour les services publics
Voilà quelques mois que la Convention internationale des collectivités locales pour la promotion des services publics était annoncée dans ces pages. En effet, des membres actifs d’attac suisse, en particulier à Genève, et des sections voisines d’attac france, travaillent depuis mars dernier à l’organisation de cet évènement qui devait accueillir des élu-e-s, mouvements sociaux et syndicats du monde entier pour discuter de services publics. Cette Convention est la troisième du même type, après les États généraux des collectivités hors-AGCS (tenu à Bobigny, près de Paris, en 2004), et la Convention européenne des collectivités locales pour la promotion des services publics (tenue à Liège, Belgique, en 2005).
Au final environ 200 personnes (dont près des ¾ d’élu-e-s locaux) d’une dizaine de pays (essentiellement Europe de l’Ouest et Québec) se sont retrouvées à Genève. Des témoignages et des discussions de qualité se sont tenues (vous trouverez le retour d’une participante sur les discussions dans ce numéro), favorisant l’échange entre collectivités locales publiques et militant-e-s d’horizons divers sur les manières de promouvoir un service public de qualité, malgré la vague néolibérale qui a maintenant conquis la quasi-totalité des gouvernements européens.
Comparée aux attentes, la participation a été relativement décevante, non pas en nombre, mais en terme de représentativité géographique. En pratique, 90% des participant-e-s venaient de 5 pays (France, Italie, Canada/Québec, Belgique, Suisse), dont une majorité de France, et quelques personnes sont venus de 7 autres pays : Autriche, Allemagne, Finlande, Norvège, Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas. Les élu-e-s venaient uniquement de France, Belgique, d’Italie ; on a croisé 4 ou 5 élu-e-s suisses.
Pourquoi ce relatif échec ?
Le premier élément est pratique : l’initiative de la tenue de cette Convention à Genève venait de la ville de Genève elle-même, qui avait transmis la proposition à Gérard Scheller (attac genève), un des deux délégués suisses à Liège. Il s’est avéré par la suite que la ville de Genève a perdu un peu de son enthousiasme, et que le comité d’organisation local, qui pensait pouvoir s’appuyer sur un large soutien public a dû largement travailler de manière bénévole et avec les moyens du bord. Cela s’est bien sûr ressenti sur le travail d’information auprès du public local, et en particulier des communes suisses hors-AGCS (90 communes en Suisse se sont à ce jour déclarées hors-AGCS, marquant ainsi leur opposition à des libéralisations imposées par le haut à travers l’OMC), ces communes ont reçu diverses informations, mais le travail de relance nécessaire n’a sans doute pas été suffisant.
Le deuxième élément est politique et militant : le comité de pilotage international de cette Convention, hérité en partie des précédentes éditions, était relativement restreint et trop peu représentatif des collectivités et organisations soutenant sur le papier l’évènement. Malgré les efforts, en particulier du comité d’organisation local, pour intégrer le plus largement possible des acteurs de diverses origines à la fois militantes et géographiques, le comité est resté trop limité pour toucher largement.
Le Réseau européen pour les services publics
Ce Réseau est une initiative émanant du Forum social européen d’Athènes (mai 2006), et regroupe à l’origine des syndicats et associations de France, Italie, Autriche, Belgique, principalement, à la différence de la Convention dotée d’un aspect « institutionnel » par la présence majoritaire d’élu-e-s. L’objectif premier est de rendre plus visible l’idée de services publics au niveau européen, et pour cela la première étape passe par un Forum social européen des services publics, qui sera un des premiers forums sociaux thématiques de cette ampleur.
Le 27 octobre à Genève s’est tenue la première réunion du Réseau. Elle a rassemblé entre 50 et 60 militant-e-s de syndicats et mouvements d’une quinzaine de pays européens. Le Forum a été prévu pour l’automne 2007, probablement à Thessalonique en Grèce, suite à l’invitation de la principale centrale syndicale de la ville.
La construction de ce Forum sera bien sûr suivie attentivement par attac suisse, et des nouvelles régulières seront données dans l’Angles d’attac.
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