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Par IBFAN-GIFA, mai 2004
Dès les années 1970, l’opinion publique et certaines agences et organisations internationales ont été alertées par le fait que, dans les pays en voie de développement, les mères abandonnaient la pratique de l’allaitement au profit de l’alimentation artificielle.
L’usage de produits chers et souvent inadéquats dans des contextes économiques et sanitaires qui ne favorisaient guère leur utilisation correcte, conduisait trop souvent à des cas de malnutrition, de sous-alimentation, de croissance tronquée, à des maladies infectieuses, des diarrhées, et plus grave encore, à des taux de mortalité plus élevés.
Le rôle de l’industrie de l’alimentation pour nourrissons et jeunes enfants - et particulièrement certaines de ses pratiques commerciales jugées inappropriées - fut mis à nu, et l’industrie fut désignée comme l’un des principaux coupables de la diminution de l’allaitement dans le monde.
Le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel
En mai 1981, l’Assemblée Mondiale de la Santé (AMS) adopta le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel dans le but de protéger et promouvoir l’allaitement maternel et de mettre fin aux campagnes promotionnelles abusives de l’industrie. Ainsi, IBFAN se bat pour assurer la mise en oeuvre universelle du Code International et des résolutions pertinentes adoptées ultérieurement par l’AMS.
Bien que la Suisse ait voté en faveur de l’adoption du Code International en 1981, elle n’a pas légiféré dans ce sens. Plusieurs sociétés suisses produisant des préparations pour nourrissons ont cependant signé en 1982, puis en 1994, un "Code de conduite des fabricants concernant la commercialisation des préparations pour nourrissons", moins contraignant pour eux que le Code International, et n’englobant pas tous les substituts du lait maternel.
Le cas de Nestlé
Nestlé, entreprise basée en Suisse, contrôle 40% du marché mondial des produits d’alimentation pour bébés. Malheureusement cette position dominante correspond aussi à son rang de pire violateur du Code. Entre toutes les compagnies, c’est celle dont on a rapporté le plus grand nombre de violations, et cela pour presque tous les articles-clé du Code International.
Nestlé affirme souvent qu’il respecte le Code, mais il se réfère en fait à son propre code, à ses « instructions maison », qui n’atteignent pas le niveau des exigences standard adoptées par l’Assemblée Mondiale de la Santé.
Autrement dit, depuis des années c’est volontairement que Nestlé interprète le Code à sa façon et qu’il fait ensuite semblant de s’étonner d’être si mal noté.
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