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Un mois et quelques jours, c’est le temps qu’il reste pour gagner l’initiative pour une caisse maladie unique et sociale. L’aventure, débutée il y a plus de quatre ans maintenant, trouvera son épilogue le 11 mars au moment du résultat du vote sur cette initiative populaire. C’est en mai 2002, à la suite d’une action réalisée par les membres du Mouvement populaire des familles (MPF) auprès des assureurs-maladie sur l’utilisation de l’argent de leurs cotisations, ainsi que sur la part des réserves et des provisions, qu’est née l’idée d’une caisse maladie unique et sociale. Dès le lancement de l’initiative, attac, à travers ses sections locales et au niveau national, a décidé de soutenir cette ambitieuse initiative.
Non seulement l’expérience est unique et très intéressante, mais elle incite à une réflexion sur le service public de la santé et son appropriation sociale, la gestion citoyenne d’une assurance et finalement l’expérimentation de la re-démocratisation d’un système opaque, voire carrément obscur. L’assurance unique devrait permettre de régler un bon nombre de problèmes qui actuellement pourrissent la vie des assuré-e-s. Entre autres, les primes seront fixées selon le revenu de l’assuré-e, les primes des enfants et des jeunes en formation seront supprimées vu que leur capacité économique est nulle et la liste des prestations cessera de diminuer comme peau de chagrin. D’autre part, l’assurance telle qu’elle est proposée par le MPF serait gérée de manière tripartite, par un groupe composé d’un nombre égal de représentant-e-s des pouvoirs publics, des fournisseurs de prestations et des organisations de défense des assuré-e-s. De ce fait, ces derniers sortiront du rôle complètement passif auquel on les relègue aujourd’hui et seront associé-e-s à l’administration des caisses. Ceci est un pas important vers plus de démocratie. Cette expérience ne serait pas sans rappeler des expériences de type "budget participatif", menées à Porto Alegre.
Pourtant, la réappropriation sociale d’une assurance privée n’est pas une mince affaire ! Confiant, lorsqu’on le lui fait remarquer, le secrétaire général du MPF, Jean Blanchard répond « Souvenez-vous que c’est David qui a gagné contre Goliath ! » Mais, lorsque Goliath est incarné par une association comme Santésuisse et des groupes d’assurances qui pèsent très lourd dans le paysage économique helvétique, on comprend vite que la partie n’est pas gagnée d’avance. Malgré cela, les soutiens ne manquent pas : l’Association suisse des médecins assistants et des chefs de cliniques, l’Association suisse des infirmiers et infirmières, des sages-femmes, le syndicat des services publics (SSP), UNIA, les Verts, entre autres, ont décidé de soutenir cette initiative. De plus en plus de médecins indépendants, neuchâtelois, jurassiens, genevois et suisses alémaniques se sont aussi rallié-e-s. Sans parler bien sûr de la société civile, dont attac, qui soutient le projet depuis son lancement. D’un projet un peu fou, comme le sont généralement les projets visionnaires au départ, l’initiative pour une caisse maladie unique et sociale est devenue un projet convaicant, sucitant espoir et enthousiasme. Alors, puisqu’il ne reste que quelques semaines, n’hésitons pas à renforcer la campagne, à en parler autour de nous, à mobiliser et convaincre les indécis afin de faire basculer définitivement la balance vers plus de démocratie et plus de justice sociale.
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